L'importance des mots

Cher·e Lecteur·ice de Nana Club Creative,

Après quelques jours d'absence, je suis ravie de vous annoncer mon retour. À vrai dire, écrire des articles n'est pas une tâche aussi simple qu'elle en a l'air,  trouver des sujets pertinents l'est encore moins. Mais attaquons-nous au vif du sujet : l'importance des mots.

Il y a quelques semaines, au cours d'une conversation, j'ai eu un débat suite à l'utilisation d'un mot mal employé. La phrase était la suivante : "T'es autiste, toi, non ?" Une étrange sensation m'a parcourue. Je ne l'ai pas pris comme une insulte, loin de là et à vrai dire, ça n'en est pas une. En revanche, la jeune génération l'a anormalement détourné de son sens. Et ce n'est pas le seul mot concerné.

"Autiste, nympho, schizo, débile, mongol"… La liste est longue. Beaucoup de termes sont aujourd'hui mal employés, utilisés pour dénigrer, stigmatiser ou se moquer d'une personne. Après plusieurs recherches sur le sujet, j'ai constaté que la plupart des études se concentrent sur les adolescents, en oubliant souvent les jeunes adultes pourtant tout autant concernés.

À titre personnel, je pense que les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la diffusion de certains de ces termes. Prenons l'exemple de la nymphomanie, plus communément appelée hypersexualité. Souvent utilisée pour décrire une addiction parfois fantasmée, cette notion est largement répandue sur les réseaux sociaux auprès des plus jeunes. Nombreux sont ceux qui oublient qu'il s'agit d'une vraie pathologie, avec de vraies conséquences pour ceux qui en souffrent. Plus largement, ce phénomène s'inscrit dans ce que les chercheurs appellent des "pratiques langagières", les jeunes souhaitent se différencier des adultes en développant leurs propres codes et leur propre langage. Ce qui commence comme un jeu peut pourtant glisser vers quelque chose de plus grave. Des chercheurs de Cairn (site) ont d'ailleurs montré que le passage des insultes à une violence verbale plus caractérisée traduit souvent des mal-êtres qui dépassent la simple mise en scène de soi adolescente.

Les mots ont un poids et utilisés à la légère, "juste pour rire" ou "sans mauvaise intention", ils ne sont pourtant pas anodins et ont une importance, une signification. Derrière chaque terme mal employé, il y a une personne réelle qui vit avec cette réalité au quotidien, parfois même une souffrance, voire un handicap. 

À bientôt,

Ayla.

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