Les artistes sont-ils tristement condamnés à la folie ?
Cher-e lecteur-ice de Nana Creative Club,
Cet article est inspiré d’une conversation que j’ai pu avoir il y a quelques semaines, dont le sujet principal était la folie des artistes. Étant passionnée, que dis-je, fascinée par ce genre de sujet, au coeur de ma réflexion, j’ai pris la décision de vous plonger dans ma réflexion, en abordant l'obsession artistique et la perception sociale. Une question guidera notre réflexion, pourquoi associe-t-on la créativié artistique et la folie ?
Attention, par “folie”, nous ne parlons pas du terme médical, mais plutôt de la psychologie, de l’extrême chez l’artiste, de son obsession pour son art et ou sa perfection. Avant toute chose, définissons le terme “folie”. Selon le CNRTL.fr, la folie est un « trouble du comportement et/ou de l’esprit, considéré comme l’effet d’une maladie altérant les facultés mentales du sujet ».
La question peut sembler presque rhétorique, tout est alors une question de point de vue. Pourquoi associe-t-on l’artiste et la folie ?
Nous allons aborder plusieurs artistes, d’hier et d’aujourd’hui, en passant par Stéphane Mallarmé, écrivain français. Autant connu pour ses textes, Mallarmé se distingue pour son fantasme sur sa mère. La folie, comme principal sujet de notre article, peut pousser certains artistes dans leurs limites, les pousser à des extrêmes. Nombre d’entre eux sont reconnus comme des génies. Dès lors que nous parlons de génie, nous passons à un autre artiste, Kanye West. En prenant le temps de regarder la trilogie Jeen-Yuhs, retraçant la carrière et l’ascension du célèbre rappeur, on ne peut négliger le fait qu’il a insufflé une nouvelle vague, un nouveau souffle dans le monde du hip-hop. Au cœur de ce documentaire, nous plongeons dans le passé de l’artiste, de ses 20 ans à aujourd’hui. Débutant comme beatmaker, il se noie dans cette envie de reconnaissance. On le reconnaît pour son talent, sa singularité, mais étonnamment, il est difficile pour lui d’obtenir cette lumière, cette visibilité. On ne le reconnaît pas comme un artiste à part entière. Il décide donc de persévérer davantage, tout en espérant un jour obtenir cette reconnaissance publique. Il finit enfin par devenir artiste, tout en se délaissant lui-même. Le documentaire met en lumière ses nombreuses addictions, dont la pornographie mais aussi son trouble bipolaire. Aux yeux de la société, il est perçu comme “fou”. Kanye West perd sa crédibilité et n’est plus perçu que comme l'artiste devenu fou et l'ex mari de Kim K.
La société, quant à elle, qualifie de “fou” ce qu’elle ne connaît pas, ce qu'elle rejette, elle réduit l'artiste.
Ce rejet de la société peut nourrir chez l’artiste un sentiment de souffrance et de solitude, le poussant parfois à glorifier son mal-être. L’éloge de ce mal-être est assez courant dans la musique et dans l’art en règle générale. Cette souffrance nourrit malheureusement l’artiste, pouvant glorifier les troubles mentaux, la dépression et même le suicide. Pour appuyer mes propos, l'artiste XXXtentacion a abordé certaines thématiques de manière directe, parfois de façon très brute. Ici, je fais référence à l'un de ses morceaux "Jocelyne Flores".
À titre d’exemple, Vincent van Gogh. Si nous revenons sur l’obsession et les troubles, il produisait une œuvre toutes les 36 heures, des croquis et des dessins. De son vivant, il est important de rappeler qu'il n'a vendu qu'une seule de ses toiles. Il les peignait à l'hôpital.
Hormis Kanye West, d’autres artistes sont passés par ce rejet de la société. Elle interprète ce qu'elle ne comprend pas, pourtant réduire un artiste à cette image, serait dévaloriser son travail, en oublier la complexité de son travail parfois même de son parcours personnel.
Dès lors, une autre question s'ouvre à nous, la folie est-elle "réelle" chez l'artiste ou serait une construction sociale liée à notre regard sur eux ?
En aucun cas je ne souhaite glamouriser ou romantiser la souffrance des artistes ayant des troubles.
Ayla.
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