Et t'as combien de ... ?

Cher·e Lecteur·ice de Nana Club Creative,

Du haut de mes 21 ans et n’ayant pas mes dents de sagesse, c’est décidé et acté : fini de jouer la sage. Les pieds dans le plat et sans langue de bois, une lectrice du blog m’a proposée comme sujet :  l’obsession autour du body count. C'est un excellent sujet !  Le plat est servi.

“Et toi, t’as combien de body count ?”

En date ou entre copines, le sujet ne peut être évité. Nous parlons sans détour du body count

À l’aube des années 2000, un terme désignant le nombre de partenaires sexuels fait son apparition : le body count, traduction littérale de “compte des corps. En somme, c'est le nombre de partenaires sexuels d’un individu. Ce concept, si je puis dire, est problématique voire même sexiste. Loin d’être une question anodine, mais tristement récurrente, il permet souvent de juger, voire de réduire une personne à son nombre de partenaires sexuels. Cette question relève d’une obsession autour de la sexualité des femmes, qui ne date pas d'aujourd'hui. Au cœur de la littérature et de l’art, la sexualité féminine est souvent perçue sous un prisme masculin, pour le moins phallocentré. Les Liaisons dangereuses illustre ce paradoxe, mêlant à la fois libertinage et obsession autour de la “défloration” de Cécile. La curiosité du sexe féminin est une obsession, parfois malsaine.Dans d’autres œuvres cinématographiques, telle que  La Vie d’Adèle, la sexualité féminine est également racontée, cadrée, observée. Ici, elle est présentée, sous un fantasme masculin et cela ne reste que mon humble avis.

Bien avant sa popularisation actuelle, ce terme provient d’un contexte historique précis, celui de la Seconde Guerre mondiale et la guerre du Vietnam, où il désignait le comptage des corps. Aujourd’hui, ce terme est détourné et utilisé par certains influenceurs, parfois masculinistes. À titre d’exemple, Alexis Hitchens affirme dans certaines vidéos qu’au-delà d’un certain nombre de partenaires, selon lui cinq, une femme de plus de 30 ans aurait un body count élevé.

 Au fond, la question ne devrait pas être “combien de partenaires ?”, mais plutôt pourquoi cette obsession autour du chiffre ? Pourquoi le nombre de partenaires devrait-il devenir un indicateur social ? Pourquoi ce besoin de classification ?

Réduire une personne à un nombre, c’est aussi effacer ses choix et sa liberté sexuelle. En prétendant mesurer une valeur,  on relève surtout une obsession parcourant les époques autour de la sexualité féminine.

Ayla.

Commentaires

  1. C'est grave un outil de contrôle de la société quand au corps des femmes. Quand un homme a un bodycount dit "élevé" il va en être fier, alors que quand c'est une femme, on va dire que c'est une "traînée". Cette question m'a toujours dérangé du fait qu'elle soit hyper déplacée et personnelle. Elle peut être mise en parallèle avec le fameux "t'es actif ou passif ?" pour les personnes de la communauté LGBTQIA+. Il faut normaliser le fait que la sexualité d'un individu est personnel et que si cette personne ne souhaite pas aborder le sujet, c'est son choix et cela de devrait pas être une mode pour prouver qu'on a beaucoup de partenaires, ou à l'inverse pointer du doigt celleux qui en ont. Merci de ton écrit sur le sujet.

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