Et si Luidji avait raison ?
Cher-e Lecteur-ice du Nana Creative Club,
Cette réflexion est une énième fois inspirée d'une conversation que j'ai pu avoir avec une copine lors d'un shooting photo. Ma réflexion n'est que le reflet d'un constat, Gisèle existe bel et bien. Aucune problématique ne sera réellement émise, juste le reflet d'une réflexion rédigée par une jeune femme de 21 ans aux alentours de minuit.
Gisèle, ça pourrait être toi ?
Gisèle est une jeune femme, décrite dans le son (Gisèle Partie 4) du rappeur Luidji. Obsédée par les caméras et les appareils photo, sentant le Chanel Coco, absorbée par les artifices, voitures de luxe et champagnes. En somme, nous pourrions même dire que Gisèle est une caricature pure et dure d'une influenceuse. En rédigeant cet article, je n'ai pas eu d'autre choix que d'écouter une dizaine de fois le son de l'artiste pour me plonger dans une quasi-analyse linéaire.
Ainsi dans le premier refrain, la littéraire qui sommeille en moi constate la répétition de "que" dans : "Tu ne vis que pour les caméras" suivi de "Tu ne vis que pour les miroirs", "Tu ne jures que par les Carreas". En résumé, Gisèle ne vit que pour ça et rien d'autre, sa vie se résume ainsi.
Lors d'une analyse filmique, j'ai pu étudier la célèbre adaptation des "Liaisons dangereuses", réalisée par Stephane Fears. Une adaptation qui à la fois suscite la réflexion et l'admiration, cette adaptation est seulement l'une des plus fidèles de l'ouvrage. Si mes souvenirs sont bons, tout au début du film, le personnage de la Marquise se mire avec froideur. Ce geste n'est pas anodin, mais peut être libre à interprétation, de se voir dans le regard des autres, d'être enfermée dans une perception qui n'est pas la nôtre. Très souvent dans le monde de la cinématographie, les fenêtres et les miroirs détiennent une connotation d'exploration, d'ouverture sur un nouveau monde, voire une introspection de soi. Cette mise en abyme nous permet de comparer la Marquise à Gisèle.
Gisèle serait-elle la marquise moderne ?
Cette comparaison peut sembler être tirée par les cheveux, or pas du tout. Selon moi, Gisèle peut être comparée à la Marquise. Pourquoi ? Elles ont un point commun qui ne peut être négligé, l'impact du regard des autres. Gisèle et Mertueil, sont prisonnières du regard des autres et donc condamnées dans leurs propres représentations. Gisèle est emprisonnée dans le rôle de la fille superficielle, ne vivant qu'au travers d'un appareil, une caméra. Son existence est condamnée aux regards masculins qui la sexualisent. En nous basant sur les lyrics, nous comprenons rapidement que Gisèle est décrite comme superficielle mais inaccessible. Cette inaccessibilité presque accessible, Luidji semble entretenir une forme de relation parasociale avec Gisèle par le biais de "Tu incarnes tout ce que je déteste. Tu les montres mais tu ne veux pas donner tes fesses". Luidji est placé en tant que spectateur, il voit ce que Gisèle poste mais ne peut accéder à sa personne, d'où le fait qu'il déteste ce qu'elle représente. Il est bloqué dans ce "voyeurisme", il ne peut avoir accès à elle sans son téléphone, sans son appareil, quelle ironie.
D'un point de vue personnel, Gisèle est réduite à la sexualité, son physique et son train de vie superficiel. On en oublie presque qu'elle détient un puissant pouvoir, maîtriser son image, tout comme Mertueil. Ainsi, nous en revenons aux Liaisons dangereuses, Mertueil, femme de pouvoir, suscitant le désir et la courtoisie, est réduite et condamnée à sa propre représentation, en l'occurrence ici réduite à la libertine.
Ayla.
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